DE L'ADRESSE

CONVERSATION

XXI.

XCVIII.

AVEC PRIVILGE DU ROI.

PAR REN BARY, Conseiller et Historiographe du Roi.

PARIS, Chez CHARLES DE SERCY, au Palais, dans le salle Dauphine, la Bonne-Foi couronne.


© Thtre classique - Version du texte du 31/01/2024 17:22:14.


ACTEUR.

LYCANTE.

ELVIRE.

Texte extrait de "L'esprit de cour, ou Les conversations galantes, divises en cent dialogues, ddies au Roi.", Ren Bary, Paris : de C. de Sercy, 1662. pp 116-131.


DE L'ADRESSE

Lycante cajole une Dame sur ce qu'on la prend souvent pour accorder le diffrend de ses compagnes.

LYCANTE.

Vous ne connaissez pas moins la qualit des esprits, que le fond des choies ; et comme vous savez ce qui est capable d'irriter, et ce qui est capable d'adoucir, vous savez rduire les gens au point que vous vous proposez.

ELVIRE.

Les Dames qui remettent leurs diffrents mon arbitrage voient des Dames bien plus spirituelles que moi ; et si elles prfrent mon jugement celui de beaucoup d'autres, c'est qu'elles savent que je suis moins partiale et plus applicative.

LYCANTE.

Je ne m'attache point ici ce que vous dites, je m'attache ce que le sais : l'on ne peut rien ajouter vos rsolutions ; et si vous tiez aussi juste envers moi que vous l'tes envers vos amies, la mme volont qui fait notre diffrend, serait bientt notre accord.

ELVIRE.

Comme nous devons prfrer nos intrts l'intrt des autres, vous ne devez pas trouver trange, si de la faveur que je vous fais de vous couter, je ne paisse pas la bont de vous satisfaire ; les refus sont louables, lorsque les demandes sont indcentes ; je ne pourrais faire votre repos, que je ne fisse mes inquitudes ; je ne pourrais tre bien avec vous, que je ne fusse mal avec moi-mme.

LYCANTE.

Tous les amants sont intresss, leurs services se proposaient des rcompenses.

ELVIRE.

Si les Hommes doivent mme quelque chose aux Dames qui ne leur plaisent pas, que ne doivent-ils point aux Dames qui leur plaisent ? Et si le paiement d'une dette n'exige point de reconnaissance, pourquoi le service d'un amant exigerait-il de la gratitude ?

LYCANTE.

Je tombe d'accord avec vous que le mrite de votre sexe justifie les assiduits du ntre : mais comme quelque aimable que soit une fille, elle trouve des semblables, je me persuade que c'est l'obliger, que de prfrer son empire celui d'une autre.

ELVIRE.

Si dans la libert que vous avez de ternir les plus belles Dames, vous m'obligez de me rendre vos services, je vous oblige aussi d'en faire un tat particulier, puisque ce qui engendre l'amour, se trouve en plusieurs sujets, et que comme vous pouvez trouver une seconde Elvire, je puis trouver un second Lycante.

LYCANTE.

Il y a bien de la diffrence entre l'obligation que je vous ai, et celle que vous m'avez ; vous payez de prsence, et je paye de soins ; vous souffrez mes visites, et j'tudie vos inclinations ; vous m'honorez de vos commandements, et j'excute vos ordres.

ELVIRE.

Il est vrai que vous avez toute la peine, cela ne reoit point de doute : mais il est vrai aussi que vous ne me rendez que ce que les amants rendent leur matresse.

LYCANTE.

Si ma servitude a des semblables, votre cruaut n'a point de pareille ; le scrupule est votre Directeur ; et parler franchement, vous faites profession d'une vertu que l'impuissance a autorise, et que la piti devrait dcrier.

ELVIRE.

Ce que vous dites ne me surprend point ; nous mprisons le commandement, quand la brutalit nous commande : mais si vous continuez dans l'humeur qui vous drgle, la personne qui accorde le diffrend des autres, sera toujours en querelle avec vous.

LYCANTE.

Si vous avez rsolu mon dsespoir, il faut que je renonce l'esprance.

ELVIRE.

J'ai fait ce que j'ai d, et vous ferez ce que vous devez.

 


PRIVILGE DU ROI.

Louis par le Grce de Dieu, Roi de France et de Navarre : nos ms et Faux conseillers les gens tenant nos cours de Parlement, requtes de notre Htel et du Palais, Baillifs, snchaux, leurs lieutenants, et tous autres nos officiers et justiciers qu'il appartiendra, salut. Notre cher et bine aim le sieur REN BARY, nous a fait expos qu'il a fait un livre intitul, L'Esprit de Cour, ou les belles conversations, lequel il dsirerait faire imprimer, s'il nous plaisait lui accorder nos lettres sur ce ncessaires. ces causes, Nous lui avons permis et permettons par ces prsentes, de faire imprimer, vendre et dbiter en tous les lieux de notre Royaume, le susdit livre en tout ou en partie, en tels volumes, marges et caractres que bon lui semble, pendant sept annes, commencer du jours que chaque volume sera achev d'imprimer pour le premire fois, et condition qu'il en sera mis deux exemplaires dans notre Bibliothque publique, un ne celle de notre chteau du Louvre, vulgairement appel le Cabinet des Livres, et un en celle de notre trs cher et fal le Sieur Sguier Chancelier de France, avant de les exposer en vente ; et faute de rapporter s mains de notre m et fal Conseiller en nos conseils, Grand Audiencier de France, en quartier, un rcpiss de notre Bibliothque, et du sieur Cramoisy, commis par nous du chargement de la dlivrance actuelle desdits exemplaires, Nous avons ds prsent dclar ladite permission d'imprimer nulle, et avons enjoint au syndic de faire saisir tous les exemplaires qui auront t imprims sans avoir satisfait les clauses portes par ces prsentes. Dfendons trs expressment toutes personnes, de quelque condition et qualit qu'elles soient, d'imprimer, faire imprimer, vendre ni dbiter le susdit livre en aucun lieu de notre dsobissance durant ledit temps, sous quelque prtexte que ce soit, sans le consentement de l'exposant, peine de confiscation de ces exemplaires, de quinze cent livres d'amende, et de touts dpends, dommages et intrts. Voulons qu'aux copies des prsentes collationnes par l'un de nos ms et faux conseillers et secrtaires du Roi, foi soit ajoute comme l'original. Commandons au premier notre Huissier ou sergent sur ce requis, de faire pour l'excution des prsentes tous exploits ncessaires, sans demander autre permission ; Car tel est notre bon plaisir ; nonobstant oppositions ou appellations quelconques, Clameur de Haro, Charte Normande, et autres lettres ce contraires. Donn Paris le quinzime jour de dcembre, l'an de grce mille six cent soixante et un, et de Notre rgne le dix-neuvime. sign, par le Roi en son conseil, MOUsTIER, et scell du grand sceau de cire jaune.

Registr sur le livre de la Communaut le 10 , mars 1662, suivant l'arrt de la Cour de Parlement du 8 avril 1653. sign DEBRAY, syndic.

Ledit sieur BARY a cd et transport son droit de privilge Charles de Sercy Marchand Libraire Paris, pour en jouir suivant l'accord fait entre eux.

Achev d'imprimer pour la premire foi le 24 jour de mars 1662. Les exemplaires ont t fournis


Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /htdocs/pages/programmes/edition.php on line 606

 [PDF]  [XML] 

 

 Edition

 Répliques par acte

 Caractères par acte

 Présence par scène

 Caractères par acte

 Taille des scènes

 Répliques par scène

 Primo-locuteur

 

 Vocabulaire par acte

 Vocabulaire par perso.

 Long. mots par acte

 Long. mots par perso.

 

 Didascalies


Licence Creative Commons